Gilles Brachotte – Promotion 2004/2005

Gilles Brachotte, ancien étudiant de la promotion M2R 2004/2005, maître de conférence et enseignant-chercheur du laboratoire CIMEOS EA 4177, équipe 3S, nous relate son expérience au sein du Master 2 Recherche Communication et Médiations.

Pourriez-vous vous présenter et notamment, décrire votre parcours professionnel ?

« J’ai fait BTS en informatique industrielle puis une Licence d’ingénierie électrique. À l’origine, je suis quelqu’un issu des sciences dites « dures ». J’ai passé un Certificat d’Aptitude au Professorat de l’Enseignement Technique (CAPET) en 1996 pour être enseignant en BTS informatique industrielle. J’ai ensuite enseigné à Champigny-sur-Marne puis à Chenôve. En 1998, je suis nommé à l’IUT suite à l’ouverture du département Services et Réseaux de Communication (SRC). Pendant ces années au département SRC, j’ai rencontré des collègues qui étaient des enseignants-chercheurs en Sciences de l’Information et de la Communication (SIC) et, au fur et à mesure, j’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir les sciences de l’Infocom.

En 2005, j’ai passé un Master 2 Recherche Médias et Communication (ancien nom du Master) pour soutenir ma thèse en 2009 afin d’être qualifié aux fonctions de maître de conférences en 2010. J’ai par la suite été recruté comme maître de conférences en SIC où j’enseigne la sociologie des usages, les usages des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC), l’innovation et la Communication dans les organisations ainsi que la gestion de projets ».

Comment décririez-vous votre métier actuel ?

« On a une double vocation à faire de la recherche et de l’enseignement : l’idée c’est que notre recherche, à un moment donné, doit être rétrocédée aux étudiants. C’est ce qui m’a guidé/orienté vers ce changement entre un statut de second degré, où je ne faisais que de l’enseignement, et un statut d’enseignant-chercheur où l’on va mettre en oeuvre des pratiques pédagogiques différentes puisqu’elles sont issues de la recherche. Je crois qu’il est important de distinguer ces deux pôles, l’enseignement et la recherche, mais de ne pas oublier qu’ils sont également complémentaires et tout particulièrement dans notre métier ».

Ce dernier (votre métier) correspond-t-il à votre projet professionnel lors de l’obtention du Master Recherche (MR) ? Si oui, pourquoi avez-vous fait ce choix ?

« Quand j’ai opté pour ce MR, j’étais déjà enseignant en poste à l’IUT tout comme une situation fixe. C’était donc une vraie opportunité de migrer vers les SIC, une interdiscipline qui me donnait finalement des clés de compréhension dans l’appropriation de la technique et de son usage par les étudiants car je m’étonnais bien souvent de leurs usages, de leurs pratiques et de leur appropriation des dernières nouveautés. Et c’est ce qui m’a amené à cette science : essayer de comprendre pourquoi les étudiants utilisent une technologie, se l’approprient, quitte à ne pas assimiler correctement le fonctionnement technique du dispositif.

Est-ce que, à l’époque du moins, j’envisageais d’être maître de conférences ? Personne ne peut le dire car quand on commence, on fait déjà un Master, j’étais déjà en poste, je n’avais pas l’intention de quitter l’Université ni même le département SRC… il faut être qualifié aux fonctions, obtenir sa thèse et qu’il y ait un poste pour être recruté. Les étapes sont tout de même lourdes voire longue avant d’y arriver et il faut correspondre au besoin à la fois d’un laboratoire de recherche et d’une formation ».

Quel souvenir marquant avez-vous de cette année passée au sein de la promotion ?

« Quand je me suis retrouvé sur le banc de l’autre côté de la table en tant qu’étudiant, j’ai effectué un retour en arrière important afin de retrouver des collègues qui me donnaient des cours. Il faut aussi bien faire preuve d’acceptation de son statut social que d’avoir envie d’apprendre et c’est peut-être le souvenir qui m’a le plus marqué. Et puis, le MR représente l’étape où l’on commence à se spécialiser et il est important pour l’étudiant de se dire qu’il est dans la voie qu’il commence à aimer. D’ailleurs, plus ce dernier va monter dans ses études et plus il va arriver à se spécialiser tout en cernant son champ d’application et de compétence avant d’aimer naturellement son métier ».

Quels conseils voudriez-vous transmettre aux futurs étudiants ?

« Que l’étudiant avance petit à petit, qu’il découvre les champs des SIC et le MR. Car la force de cette formation est cette capacité, par le nombre d’intervenants, à vous faire découvrir tout un ensemble de champs. Je ne connaissais pas la sociologie des usages ou toutes les théories de l’Infocom, j’en ai appris beaucoup et cela m’a aiguillé, je me suis construit mon propre champ d’analyse, mon répertoire et aujourd’hui, je prends un grand plaisir.

Je crois que c’est finalement trouver sa voie. Il faut être persévérant, rigoureux et avoir l’envie de découvrir des choses, un esprit suffisamment libre parce que les SIC constituent une discipline à la fois complexe et vaste que l’on ne peut appréhender qu’en lisant énormément et en faisant preuve d’une curiosité à toute épreuve ».

Dans l’avenir, qu’envisagez-vous pour votre carrière ?

« On peut toujours imaginer qu’un maître de conférences a une vision qui ne s’arrête pas aux simples acquis qu’il a obtenu par le passé. En effet, il peut également faire une Habilitation à Diriger des Recherches (HDR). Cela demande beaucoup d’expérience, de recul et des années de travaux scientifiques. Bien sûr, ce n’est pas quelque chose que je mets de côté, mais je ne la vois pas immédiatement. Un enseignant-chercheur doit énormément publier, il faut commencer à co-encadrer des thèses, etc. Il y a un ensemble d’éléments qui ne sont pas propices à un changement immédiat.

Dans quelques années, il sera éventuellement possible de faire comme Pascal Lardellier en imaginant être professeur d’université pour diriger des thèses, des recherches et ouvrir de nouveaux champs théoriques. Cela peut effectivement faire partie de mes motivations.

Aussi, celle qui me guide aujourd’hui est unique et essentielle car il s’agit pour moi d’essayer de répondre correctement à mes recherches présentes. C’est beaucoup de travail parce que l’on est à la fois enseignant et chercheur et que ce domaine de la sociologie des usages et des techniques évolue tellement vite qu’il exige de la réactivité, des lectures et de la veille. Il faut y aller step-by-step ».

Témoignage recueilli par la promotion M2R 2012/2013

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