Séminaire « Actualité de Goffman, de l’interaction à l’institution »

Goffman-Winkin, destins croisés

Goffman-Winkin, destins croisés

Goffman, un chercheur intemporel

Durant deux jours, sous le regard attentif du professeur Yves Winkin, dans le cadre d’un séminaire intitulé : « Actualité de Goffman, de l’interaction à l’institution », un grand nombre de chercheurs se sont passés le micro pour présenter leurs recherches à travers le regard du sociologue américain Erving Goffman. En effet, les concepts et théories qu’il a développés au cours de sa vie ont permis d’élaborer une grille analytique de notre vie quotidienne aux champs d’application multiples. De l’analyse des interactions dans la série Colombo à celle de la culture japonaise, ou encore de la représentation sociale du vin, en passant par Astérix en Corse. Puis, au travers de la mise en place de rites dans les milieux hospitaliers et d’une présentation du professeur Claude Javeau sur le concept du « chevron », Goffman s’est imposé, selon Pascal Lardellier, professeur à l’Université de Bourgogne, comme une « boîte à outils armant le regard sur la vie quotidienne ».

C’est vers la fin de l’après-midi du jeudi 14 novembre 2013, au cœur de la cité ducale de Dijon, dans les locaux de l’ancienne faculté de Lettres rue Chabot Charny, que Pascal Lardellier a lancé le début des échanges par une présentation des différentes notions qu’Erving Goffman a pu apporter à la sociologie, mais aussi à la recherche en Sciences de l’Information et de la Communication (SIC). Nous sensibilisant sur l’importance des notions anamnestiques, il a su nous faire voyager dans l’intérieur conceptuel et actuel des œuvres de Goffman : « La vie, nous dit-il, est une scène sociale où nous, acteurs de celle-ci, nous engageons ou nous pare-engageons les uns les autres dans des rituels afin de garder notre face intacte ».

Mot d'accueil et d'introduction de Pascal Lardellier

Mot d’accueil et d’introduction de Pascal Lardellier

Certaines conversations ou situations nous semblent anodines, mais elles ne le sont pas pour Goffman. Ainsi, c’est dans la compréhension et dans l’utilisation des concepts qu’il a développés que les intervenants du séminaire ont présenté des travaux illustrant l’apport de sa réflexion dans la recherche actuelle.

Yves Winkin à la rencontre d’Erving Goffman

Yves Winkin, professeur des universités à l’ENS de Lyon, a été l’invité de prestige de ce séminaire. Ayant eu l’opportunité de rencontrer Erving Goffman à plusieurs reprises, son intervention nous a beaucoup appris sur sa vie par le biais de nombreuses anecdotes mais aussi, et surtout, sur sa posture scientifique ainsi que ses méthodes.

Retour sur une journée riche en enseignements

Retour sur une journée riche en enseignements

De ce fait, en partant d’une simple hypothèse, il nous a démontré, en piochant dans ses souvenirs et les témoignages qu’il a accumulés depuis de nombreuses années, en quoi Goffman était un « marcheur urbain ».

Une lecture goffmanienne

Né au Canada en juillet 1922 dans la province de l’Alberta, Erving Goffman a suivi des études de sociologie à Toronto avant de devenir l’élève de Ray Birdwhistell à l’Université de Chicago. Il soutiendra sa thèse en 1953 après une année d’observation des habitants des îles Shetland, au nord de l’Écosse, où il se fera passer pour un élève intéressé par l’économie agricole. À la suite de la présentation d’Yves Winkin, on peut imaginer ce chercheur, caméra à l’épaule, filmant les scènes triviales et quotidiennes de la vie.

Favorisant une approche ethnométhodologique et interactionniste, Goffman n’hésite pas à s’immerger sur un terrain. Pour la rédaction d’Asiles, il a notamment résidé dans un hôpital psychiatrique pendant plusieurs années, vivant au même rythme que les acteurs de cette « institution totale ».

Retrouvez l’ensemble du programme en cliquant sur le lien ci-dessous :

Article écrit et réalisé par la promotion M2R 2013/2014

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